Vent intérieur

Traiter le “vent intérieur” avec des herbes de l’Ouest

Une contribution du Dr. Florian Ploberger

L’intérêt croissant pour la médecine traditionnelle chinoise (MTC) a conduit à une utilisation accrue de la phytothérapie chinoise au cours des dernières décennies. Cela a conduit au fait que les herbes indigènes, dites “occidentales”, sont de plus en plus souvent décrites selon les critères de la MTC et utilisées au profit des patients. Les raisons de l’utilisation accrue de ces plantes médicinales sont leur bonne disponibilité, leur qualité assurée et leur grande réputation. En outre, le niveau de prix des herbes occidentales est nettement inférieur à celui de leurs homologues chinoises. Les herbes occidentales sont tout aussi efficaces que leurs homologues chinoises.

Les utilisations des herbes occidentales du point de vue de la MTC dans le diagnostic “vent intérieur” sur la base d’une recette

Le “vent intérieur” peut se développer à partir d’une déficience hépatique et sanguine ainsi que d’une déficience en yin du foie et des reins. Bien sûr, le vent externe “facteur pathogène” peut aussi pénétrer dans le corps et contribuer au développement d’un vent interne ; mais la volonté de le faire, une déficience Yin du foie et des reins, doit être présente.

Les symptômes typiques d’un vent interne 

En médecine chinoise, lorsqu’il y a un vent interne, d’une part le symptôme – c’est-à-dire le vent interne – est traité. En outre, les minéraux sont utilisés dans de nombreuses formulations. D’autre part, la cause, c’est-à-dire la carence en sang et en yin, est traitée.

Dans ce qui suit, une formule d’herbes occidentales est présentée en détail avec ses effets, ses indications et sa description, y compris le dosage par jour.

Formulation contre le vent interne (Ploberger 2015 : 532)

Effet :

Apaise le foie, calme le vent intérieur, fait circuler le sang, tonifie le foie et les reins et évacue la chaleur.

Indication :

Maux de tête, vertiges, bourdonnements d’oreilles, sensation de chaleur montante dans la région de la tête, insomnie ou sommeil agité, rêves vifs, dans les cas graves : engourdissement et crampes dans les extrémités, paralysie d’un côté du corps.

Diagnostic de la langue :

corps de langue rouge.

Diagnostic du pouls :

tendu (xian) et rapide (shuo).

Description de la recette à base d’herbes occidentales :

Les feuilles d’olivier (Folium Olivae) servent d’herbe à l’empereur dans cette recette. Elles apaisent le foie ainsi que le vent interne et sont excellentes pour traiter l’hypertension (pression artérielle élevée) due à la chaleur humide et à un yang hépatique ascendant. elles sont soutenues par diverses herbes : deux d’entre elles sont le pissenlit (Herbe et Rdx. Taraxaci) et le manteau de la dame (Herba Alchemilliae). Ces herbes conduisent la chaleur humide loin du foie et peuvent être utilisées pour apaiser le vent interne en présence de stagnation du Qi du foie. Le Manteau de la Dame (Herba Alchemilliae) est toujours indiqué lorsqu’un yang hépatique ascendant entraîne des maux de tête latéraux.

Le pissenlit (Herba et Rdx. Taraxaci) et le manteau de la dame (Herba Alchemillae) sont des herbes d’ambassade supplémentaires de cette recette, car elles créent un lien avec le foie.

Les trois herbes suivantes servent également d’herbes apaisantes : la mélisse amère et thermiquement fraîche (Folium Mellisae) calme le foie-yang ascendant, dégage le feu du cœur et calme le shen. L’aigremoine (Herba Agrimoniae) est incluse dans la recette pour éliminer la chaleur humide. La passiflore (Herba Passiflorae) est dans la recette comme une herbe apaisante. Le mouron des oiseaux (Herba Stellaria media) est une herbe légèrement sucrée, salée et thermiquement fraîche. Cette herbe tonifie le rythme du cœur et des poumons, dégage la chaleur et peut être utilisée pour nourrir le sang. Il est intéressant de noter la combinaison du mouron des oiseaux (Herba Stellaria media) avec une autre herbe, la graine de chardon-Marie (Fructus Cardui mariae). Ces deux herbes tonifient le rythme et drainent l’humidité. La combinaison de ces trois herbes avec l’herbe impériale permet de calmer les vents intérieurs et de faire circuler le sang sans faire de mal au rythme. La dernière herbe de cette recette est la dent creuse jaune ocre (Herba Galeopsidis). Elle renforce la solidité des reins, de l’estomac et des poumons et permet ainsi de contrer les herbes amères et drainantes.

Conclusion pour la pratique

Le diagnostic MTC “vent intérieur” se retrouve souvent chez les patients sous nos latitudes. Les herbes occidentales, composées selon les critères de la MTC, constituent un enrichissement de la thérapie au profit du patient et sont une alternative efficace aux médecines traditionnelles chinoises.

Lectures recommandées

Ploberger, Florian (2015)

Le grand livre des herbes occidentales du point de vue de la médecine traditionnelle chinoise

3ème édition, étendue, Schiedlberg : Bacopa.

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