Pourquoi apprendre à ne rien faire ?

Avant de commencer à lire cet article, arrêtez-vous pour réfléchir : combien de fois au cours de la dernière semaine vous êtes-vous permis de ne rien faire et de vous abandonner à vos seules pensées ?

Quand on dit “ne rien faire”, cela ne signifie pas s’allonger sur le canapé pour regarder un film ou passer des heures sur son téléphone portable à consulter tous ses réseaux sociaux. L’idée de procrastination va plus loin : c’est si vous vous permettez de passer au moins quelques minutes en paix, loin de toute distraction, en alignant vos idées, vos pensées, en travaillant sur votre respiration…

Aujourd’hui, on ne peut pas se détendre même pendant de longues heures dans un avion. On a besoin de films, de livres, de jeux de table et d’ordinateurs. Tout ce qui vous permettra de sortir de l’ennui de la difficile mission consistant à ne rien faire.

Préoccupés par cette inquiétude et soupçonnant qu’on perd la capacité de se divertir avec ses propres pensées, des chercheurs ont mené une série de onze expériences dans lesquelles les participants devaient rester entre six et quinze minutes sans contact avec aucune distraction. Cela semble difficile, n’est-ce pas ?

Et le résultat est encore plus alarmant : dans tous ces cas, la plupart des gens ont fait état d’énormes difficultés à remplir leur mission. Dans les tests effectués à domicile, ils ont dit qu’ils avaient triché et ont donné une vérification rapide du téléphone ou d’un autre appareil électronique alors qu’ils devraient être loin de toute distraction.

L’une des études de la série donnait aux participants la possibilité d’appuyer sur un bouton lorsqu’ils étaient seuls. En conséquence, ils ressentaient un électrochoc douloureux que tout le monde devait ressentir avant de connaître les minutes d’ennui. Et puis, il y a eu le résultat le plus surprenant de toute la recherche : même parmi ceux qui, avant l’expérience, disaient qu’ils paieraient pour ne plus ressentir le choc, un quart des femmes et deux tiers des hommes ont fini par appuyer sur le bouton quelques fois de plus, simplement pour échapper à l’option apparemment la plus insupportable : ne rien faire !

Qu’est-ce que cela signifie ?

L’étude menée montre clairement l’extrême difficulté de l’être humain à se détendre et à tergiverser et, comme on s’y attendait déjà, la technologie est la grande coupable. Dans un monde où les smartphones contribuent à rendre l’ennui plus douloureux qu’un choc électrique, les téléphones portables, les tablettes et les ordinateurs alimentent la croyance selon laquelle l’être humain devient mal à l’aise dans les moments d’introspection.

L’importance de “ne rien faire”

Il peut même sembler que votre routine de course ne permette pas ce temps de réflexion et de contrôle sur ses propres pensées, mais la science assure que ce moment prolongé de concentration est extrêmement important et de plus en plus rare.

De nouvelles études montrent que le temps que nous consacrons à l’information disponible sur Internet est en baisse. Actuellement, seules 4 consultations de pages web durent plus de 10 minutes. Cette impatience se traduit par de grandes pertes en matière d’apprentissage et de productivité.

Vous absorbez cinq fois plus d’informations par jour qu’il y a 30 ans. Et parce que vous êtes incapables de sélectionner les faits en fonction de leur pertinence et de leurs moyens d’application, d’analyser chacun d’entre eux et de réfléchir, ils restent dans le champ superficiel des idées qui ne deviennent pas des connaissances et qui sont rapidement effacées.

Pour que cette pluie d’informations devienne réellement de la connaissance et de la sagesse, il n’y a pas moyen : il faut beaucoup de temps, d’attention et surtout de réflexion ! Passer quelques minutes de la journée seul, éteindre tous les appareils électroniques, méditer, profiter de la nature ou ne rien faire sont des moyens efficaces d’exercer votre cerveau sur vos propres pensées, votre attention et le stockage des informations. Ainsi, vous améliorez votre capacité de concentration, votre mémoire et votre productivité.

Mais attention : il prévient aussi qu’en entrant en contact avec son moi intérieur, cette introspection peut provoquer la mélancolie et révéler nos faiblesses et nos insécurités. Cependant, cette auto-évaluation est fondamentale pour parvenir à la connaissance de soi – une voie si importante vers l’épanouissement et la réussite personnelle, voire professionnelle !

Pourquoi ne pas prendre un peu de temps aujourd’hui pour pratiquer cet exercice de technique de la pleine conscience ? Vous vous sentirez beaucoup mieux. Et comment !

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